Ressource n° 20
Source : Sciences numériques & technologie Seconde • Didier, 2019 • p64-65

Cyberviolence

Définition

La cyberviolence est une forme de harcèlement réalisé, non plus uniquement dans la cour d’école ou dans la rue, mais par le biais des nouvelles technologies et des réseaux sociaux. Il peut prendre des formes multiples : du détournement de photo à la vidéo humiliante, en passant par des brimades, des moqueries, des intimidations par SMS. La spécificité de ce harcèlement est son caractère public, amplifié par le Web, qui agit ici comme une caisse de résonance.

C. Blaya, professeure en sciences de l’éducation et présidente de l’Observatoire international de la violence à l’école, dans « Comment combattre la cyber-violence à l’école ? », M. Maillard, lemonde.fr, 2 déc. 2014

Les différentes formes de cyberviolence

Harcèlement / exclusion Publication de commentaires insultants ou de rumeurs sur le « mur » ou le profil de la victime, dans le but de l’isoler du groupe de pairs/des membres du réseau. une des formes particulièrement « en vogue » est le flaming : une salve de messages insultants/ menaçants à destination d’une personne ou d’un groupe de personnes.
Dénigrement Décrédibilisation d’une personne en portant atteinte à son image ou à sa e-réputation, en lançant toutes sortes de rumeurs à son égard. L’auteur des violences publie par exemple une photographie humiliante (parfois truquée), sur son mur ou directement sur celui de la victime, et incite ses contacts à écrire des commentaires désobligeants.
Usurpation d’identité Accès à la messagerie ou au profil de la victime, en se faisant passer pour elle afin d’envoyer des messages embarrassants/insultants à une autre personne. Elle peut aussi prendre la forme d’un faux profil ouvert au nom de la personne ciblée.
Happy slapping Captation, le plus souvent à l’aide d’un téléphone portable, d’une scène de violence subie par une personne et diffusion en ligne.
Outing Divulgation d’informations intimes et/ou confidentielles sur une personne. Par exemple, révélation, sans qu’elle ne le sache ou ne le veuille, de son homosexualité.
Sexting Contraction des mots sex (sexe) et texting (envoi de sMs). Il s’agit de textos, de photographies ou de vidéos à caractère explicitement sexuel dans le but de séduire son/sa partenaire. Mais lorsque ces photographies ou vidéos sont interceptées, puis diffusées en ligne par un tiers malveillant cherchant à nuire à la personne qu’elles représentent, il s’agit d’une cyberviolence. Lorsque les photographies ou vidéos intimes sont publiées à des fins de vengeance par un(e) ex-petit(e) ami(e) qui vit mal la rupture et souhaite nuire à l’autre, on parle de « revenge porn ».

Guide de prévention de la cyberviolence entre élèves, nonauharcelement.education.gouv.fr, 2015. Compléments sur le site.

Un témoignage

« J’ai été victime de cyberharcèlement à l’âge de 12 ans sur une période de 8 mois. […] »

« J’étais une adolescente de 12 ans avec énormément de complexes. J’ai longtemps était complexé par mon corps ! À l’entrée dans l’adolescence, j’ai pris énormément de poids, environ 15 kilos ce qui a permis à des vergetures et autres d’apparaître… J’ai toujours été très timide mais ces complexes ont empiré les choses alors pour avoir une vie sociale normale j’ai commencé à être énormément présente sur les réseaux sociaux et plus particulièrement sur des jeux vidéo en ligne.

Je pouvais grâce à ces jeux en ligne me faire des amis sans qu’ils puissent me juger sur mon physique j’ai rencontré énormément de personnes exceptionnelles jusqu’au jour où j’ai rencontré un garçon avec qui au début on ne s’appréciait pas. J’irai jusqu’à dire qu’on se détestait mais j’ai appris à le connaître et je suis tombé amoureuse de lui. On l’appellera L. mais problème, il habitait près de Montpellier et moi à Paris. On a énormément discuté et on a décidé de se mettre en couple après une longue réflexion.

5 jours après mon cyber-harcèlement commençait !

Une des personnes qui était proche de L. à l’époque à commencer à parler de moi au sein de l’établissement. Malheureusement, les gens ne se sont pas réjouis de mon bonheur. Un groupe de filles m’a cherché sur internet et m’a retrouvé facilement.

Durant les deux premiers mois, ce n’était que ce groupe de filles s’acharnait sur moi !

Au début c’était des insultes comme chaudière, pétasse, salope, pute, des insultes qui aujourd’hui me paraisse si douce ! C’était tout au long de la journée sans aucune pause sur chaque réseau social.

Au début, j’ai essayé de répondre je leur demandais pourquoi moi ? Qu’est-ce que j’avais fait ? Mais les seules réponses que j’avais étaient des insultes.

Je lisais chacun des messages qui m’étaient adressé, je l’ai fait jusqu’à la fin les deux premiers mois. Je répondais à chacun d’entre eux je signalais chacun des faux comptes qui été créés pour m’insulter mais au bout de deux mois, j’ai abandonné car ça ne faisait qu’empirer les choses ! 1 compte supprimé 2 de recrée ! Par la suite, au bout de deux mois, les garçons sont arrivée et là tout à empirer ! Ce n’était plus de simples insultes, c’était des photomontages qu’il menaçait de publier, des « j’ai pas eu mon argent de poche tu me feras une réduction sur la pipe » « je vais exploser ton p’tit cul » et j’en passe des milliers c’était constant nuit et jour, jour et nuit, sans interruption ! À la fin ils étaient une cinquantaine à me harceler tous les jours. Des centaines de faux comptes avaient été créées mais je n’ai rien dit à personne ! [...] »

Ils témoignent, le cyberharcèlement raconté par une victime, netecoute.fr, 22 oct. 2018.

Quelques chiffres

4 % des filles (contre 1,3 % des garçons) ont été victimes de diffusion de photos intimes sans leur accord

13 % des filles sont victimes de rumeurs sur les réseaux sociaux (contre 6 % des garçons).

20 % des filles sont victimes d’insultes sur leur apparence physique contre 13 % des garçons.

D’après le rapport Cyber-Violences Conjugales, centre-hubertine-auclert.fr.